La liberté d’expression.

Peinture murale
Art urbain, art populaire.
XXIème siècle. JACE, dessinateur.
Diego Suarez (Antsiranana).

Au nord de Madagascar, dans la ville portuaire et touristique d’Antsiranana (Diego
Suarez), une peinture murale de couleur vive interroge le passant. La classe de 3ème A
se lance dans une lecture de la fresque. Micro trottoir …
Droit dans le mur
Sur un mur ? C’est pour que tous les passants la voient. Cela fait réfléchir au sens profond
de la liberté d’expression (Brigitte).Tous les passant verront ça ; et les gens réfléchiront sur
la liberté d’expression (Yoan). Sur un mur, tout le monde peut voir l’oeuvre sans avoir
besoin de payer comme dans un musée (Roan). L’artiste lui-même exprime sa liberté
d’expression en faisant une fresque sur un mur abandonné (Océane). Dessiner sur un
mur, il n’y a pas de censure, c’est libre (Timothée). Une fresque a plus de chance de rester
qu’une affiche qui est plus vulnérable : pluies, soleil, déchirement. Aussi, l’espace de
travail est plus grand. Le fond représente le mur d’une ruine qui se reconnait par la
présence de quelques plantes vertes mais surtout par les dégradations du ciment qui
couvre les briques et les saletés noires. (Haingo). Les couleurs dominantes sont des
couleurs chaudes pour attirer les passants (Domoina).

Point d’ ?
Le point d’interrogation qui flotte au-dessus de la tête du journaliste nous indique qu’il se
demande ce qui se passe. Il y a comme un nuage et deux gouttes qui nous montrent qu’il
a peur et qu’il est angoissé. Il a les bras comme attachés (Océane).
Le personnage de gauche a posé des questions à celui de droite. Le journaliste pose des
questions, mais son interlocuteur ne répond pas. Le journaliste se demande aussi
pourquoi on a mis un bandeau sur son interlocuteur, pourquoi on l’empêche de parler, de
s’exprimer (Fandresena).
Le personnage de droite est ligoté par une sorte d’écharpe (Hugo).
Il porte des habits rouge et vert ; est-ce une allusion au drapeau malgache ?. Les deux
semblent étonnés. (Valérie).
Les personnages sont boudinés ; comme si on les avait gavés de nourriture mais qu’on ne
leur avait demandé de ne rien dire (Fitahiana).
On peut voir deux personnages soumis à la technique de la simplification, car les
membres ne sont pas complets et le visage est dessiné sans aucun détail. (Haingo)
Les personnages sont anonymes ; ils n’ont pas vraiment de visage. Le dessinateur est
libre ; il représente les personnages comme il veut (Valisoa).

Mega Micro
On peut remarquer que son micro est aussi gros que sa tête et que le fil de son appareil
est particulièrement long (Kevin). Le micro fait à peu près la taille des personnages, il est
disproportionné (Valisoa). Le micro a la même taille que les deux personnages ; il a la
même importance (Roan). Le droit à la parole est mis en valeur par le dessinateur qui fait
un micro de taille disproportionnée (Haingo). Le micro semble le personnage central de la
fresque !

Bouche cousue ?
La bouche de l’homme de droite et scellée, il ne peut pas partager ce qu’il a appris
(Kevin).
Il n’a ni pieds ni mains - et ne peut enlever son bandeau, car il n’a pas de bras, en tout cas
pas de mains (George).
L’homme sue et une bulle de pensée en forme de nuage qui comporte une icône de soleil
est au-dessus de sa tête (Haingo). Peut-on l’empêcher de penser ?

Le dessin parle ?
Le dessin semble dire que chacun a le droit de s’exprimer, mais qu’il y a des limites à cette
liberté (Fandresena). Le dessinateur veut nous faire comprendre l’importance de la liberté
d’expression. (Brigitte).
Le dessinateur veut montrer des personnages sans liberté, qui ne peuvent pas s’exprimer
dans la société (Antonio). ll faut que les journalistes aient le droit de faire leur travail
(Domoina). L’un représente la liberté de la presse ; l’autre la liberté d’expression. Quelque
chose ou quelqu’un l’empêche de parler (Roan). Le dessinateur veut nous dire qu’on a le
droit de s’exprimer, mais on est censuré comme le bonhomme qui a le bandeau sur la
bouche (Timothée). Il faut être libre de s’exprimer (Johanne).
Il y a un ensemble de sentiments : la peur, l’angoisse, le doute, l’étonnement (Océane).
Le bandeau symbolise les menaces à la liberté d’expression. Les sueurs montrent qu’il est
intrigué et apeuré d’avouer sa pensée. Le spectateur est choqué de voir le bandeau. La
fresque est humoristique, car les personnages renvoient à ceux des dessins animés.
(Haingo). Le dessin est à la fois sérieux puisqu’il pose le problème de la liberté
d’expression, et en même temps humoristique, puisque les personnages sont amusants.
Ce mélange de sérieux et d’humour nous aide à mieux réfléchir.
Classe de 3ème A. René Cassin. Fianarantsoa.


Sur le mur, à la manière de Paul Eluard :

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Sur les ravinalas* géants qui tremblent dans le vent
Sur les charrettes qui grincent dans la boue
Sur les chaumes gris des fermes
Sur les fumées des fatapera* du matin
Sur les jacinthes d’eau des Pangalanes*
Sur les dunes infinies d’Ifaty*
Sur les rétines profondes du lémurien
Sur les bosses de zébu dans le brouillard
Sur l’allée rouge des baobabs amoureux
Sur les larmes tranchantes du Tsingy*
Sur les semelles des kiraniles* des élèves
Sur les reflets d’or des rizières
Sur le Pain de sucre* et l’eau salée
Sur les rails et le tchoutchou du train
J’écris ton nom

LIBERTE

*ravinala : arbre du voyageur
*fatapera : foyer à charbon
*Pangalanes : canal à l’est de Madagascar
*Ifaty : bourgade en bord de mer
*Tsingy : zone de concrétions calcaires
*kiraniles : sandales locales en plastique, à boucle
*Pain de sucre : îlot rocheux dressé dans la baie d’Antsiranana (Diego Suarez).

Fresque 2 :
Sur les ruines de l’Hôtel de la Marine, Diego Suarez

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Fresque de JACE. Diego Suarez. Ruines de l’Hôtel de la marine.
Objectif : travailler sur la notion d’implicite/d’explicite.
Décrire. Analyser. Dégager le message implicite.
Pourquoi faire cette fresque sur une ruine d’hôtel ?
Sérieux ou humour ? Clin d’oeil ou moquerie ?
Prolongement : mise en saynète de la fresque : une dame et un réceptionniste. Rideau.

Ressources pédagogiques

Paroles d’élèves.

Par Manda (3ème) :
Une femme est représentée de façon humoristique avec des éléments disproportionnés
comme le chapeau blanc qu’elle porte. Il est trop grand pour elle ; c’est un chapeau qu’on
ne porte pas pour aller au travail. Il renvoie au soleil, aux vacances, à la détente, à
l’élégance. La paire de lunettes trop grande évoque encore le soleil et les vacances, peutêtre
la richesse. Sa robe est courte est semble s’animer, comme si la femme avait la
bougeotte.
A peine les valises déposées, dès son arrivée, la femme pose beaucoup de questions.
Elle pourrait lasser très vite le réceptionniste. Elle veut tout à la fois : détente,
divertissement, loisirs…
« La piscine se trouve-t-elle près de ma chambre ? Est-ce qu’il y a une machine à sous
pour me distraire ? Et la climatisation, peut-on l’utiliser la nuit ? Y a-t-il une télé car je ne
peux pas regarder la finale ? Et la mer, puis-je la voir depuis ma chambre ? Les boissons
sont-elles de bonne qualité et suffisamment glacées ? »
Le dessinateur se moque un peu des touristes qui veulent tout tout de suite. La touriste est
un peu aveuglée ; elle ne voit peut-être pas qu’elle est dans une ruine. Malgré tout, elle
reste exigeante !

Par Ashley :
Le dessinateur utilise la technique de la simplification : contours aux traits noirs épais,
aplats orange, pas de détails du visage, pas de bras, pas de main. On remarque aussi
qu’il a recours à l’exagération et à la stylisation. Les stéréotypes de la touriste (valise,
chapeau, lunettes, jupe…) permettent qu’on identifie bien le personnage. Cette femme est
un peu en décalage avec la réalité. Elle cumule les questions sans attendre les réponses.
Elle pourrait être un peu pénible.

Découvrir l’art urbain.
Je découvre JACE :
"On l’a vu dans une trentaine de pays et territoires : île de La Réunion, France (Paris, le
Havre, Rouen, Montpellier, Marseille...), Ile Maurice, Madagascar, Mayotte, Afrique du
Sud, Botswana, Thaïlande, Malaisie, Viêt Nam, Chine, Macao, Japon, États-Unis, Brésil,
Portugal, Angleterre, Allemagne, Maroc, Tunisie, Espagne, Luxembourg, République
tchèque, Slovaquie, Hongrie, Italie, Inde, Hollande, etc" Source Wikipedia.
http://www.fatcap.org/artiste/jace.html

Je découvre SETH, l’un des grands maîtres de la fresque murale, qui a peint dans le
monde entier y compris à Madagascar :
http://jaiuneouverture.com/madagascar/sur-les-traces-de-seth-a-madagascar/

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Peinture murale, par SETH, Ampifilo,Tana.
http://www.thisiscolossal.com/2015/03/seth-globepainter-murals/
http://www.thisiscolossal.com/2015/08/a-new-mural-by-seth-globepainter-on-the-streets-ofmontreal/
http://www.thisiscolossal.com/2016/03/murals-of-faceless-figures-by-seth-appear-towitness-
the-unseen/

D’autres grands maîtres :
http://www.street-art-avenue.com
http://www.banksy-art.com/street-art.html
https://streetart.withgoogle.com/fr/audio-tours
http://urbanart-paris.fr/2015/10/promenade-de-nuit-au-milieu-des-oeuvres/
Je m’entraine :
Comment définir le street art ?
Je suis à l’aise avec les mots : peinture murale, fresque, peintures pariétales, peintures
rupestres.

Pour contacter l’auteur de l’article : charles-edouard.saint-guilhem@rcassinfianarantsoa.
com