Le fil.

Ny tady.
Judith Olivia Manantenasoa.
Danseuse contemporaine, chorégraphe. 2012.
Oscillation sur un cerceau et jeu de fil. 25mn
Mpandihy sy mpamorona dihy. 2012. 25 minitra.

Fivadibadihana eo ambony fehim-barika sy kilalaon-tady.
La danseuse se suspend dans l’obscurité autour d’un grand cerceau, associant les mouvements sensuels de la danse avec les gestes assurés du cirque. Elle entre et sort dans le cercle, joue des vides et des pleins, des arrondis et des lignes. Son corps interprète un mouvement oscillatoire et propose des écarts. La souplesse et la grâce offrent dans la pénombre de nouveaux reliefs, parfois rassurants, parfois inquiétants. La danseuse se pose pour avaler un long fil rouge (ou rose) jusqu’à la nausée. Une fois retiré de la bouche, la danseuse s’emmêle (s’en mêle ?) avec le fil.

JPEG - 19 koPour des informations biographiques complémentaires sur l’artiste et pour visionner 5mn de la production suivre le lien (le fil ?) :
www.craam.mg/cms/artiste/danse/32

Ce lien est relayé par le CRAAM, Centre de Ressoures des Arts Actuels de Madagascar. La vidéo est sombre, mais l’artiste nous a signalé ne pas diposer d’une version d’une qualité supérieure.

Ressources pédagogiques

Ressources pédagogiques :

Fil d’approche :
JPEG - 18.1 koLa nouveauté radicale de ce type d’oeuvre nécessite souvent une éducation artistique et une fréquentation régulière des créations pour en apprécier en profondeur l’originalité. Il conviendra avec notre jeune public de partir de leurs impressions premières, de les laisser naviguer de la perplexité, au malaise, jusqu’au dévoilement d’un sens. Leur parole une fois libérée nous étonnera toujours des trouvailles qui se dégagent.

Lexique :
Un travail avec les expressions imagées (sens propre, sens figuré) utilisant le mot fil portera vite ses fruits : " la vie ne tient qu’à un fil" ; "de fil en aiguille" ; "au fil du temps, de l’eau", "donner du fil à retordre" ,"fil conducteur" ; "fil à couper le beurre" ; "avoir un fil à la patte" ; "être mince comme un fil" ; "fil du rasoir" ; "fil de canne à pêche" ; "fil barbelé" ; "perdre le fil" ; "cousu de fil blanc".

Paroles d’élèves :
Le fil représente le lien qu’on a avec sa mère (Philippe)
Elle veut nous démontrer sa souplesse ; je me demande si c’est elle qui est légère ou le cerceau qui est dur. Olivia fait des mouvements mais le cerceau ne bouge pas ; il reste fixé comme s’il était gelé dans la glace. Pourquoi mâche-t-elle le fil ? (Marcel)
Cette danse dégage un sentiment de liberté d’abord puis d’emprisonnement. Liberté au début quand elle est suspendue sur ce cerceau, ses mains jouant avec l’air ; elle exprime l’agilité, la fluidité, la grâce. Le moment où elle engouffre le fil rouge sang dans sa bouche est bizarre, étrange, énigmatique... enfin incompréhensible. Ensuite elle retire le fil de sa bouche comme pour démêler une pelote pour après "s’enchaîner"avec violence , "s’emmailloter" avec. On dirait qu’elle s’auto-prive de quelque chose, pour ensuite rester sur son perchoir. Est-ce le fil de sa vie ? (Erine)
Quand elle danse, elle écarte ses jambes, ses bras. Peut-être que cette danse contemporaine a permis à la danseuse de sortir de sa timidité. Elle mène le cirque. On peut couper le fil. (Prisca)
Pourquoi a-t-elle le crâne rasé ? Est-ce une femme ou un homme ? (Florentin)
Cette danseuse fait des mouvements incroyables ; pourtant on dirait qu’elle est triste sur son cerceau. (Frédéric)
Elle veut atteindre ses objectifs et elle montre qu’il faut les chercher haut. Au début, elle est tranquille comme sur un hamac, puis tout d’un coup il y a le fil qu’elle enrobe dans sa bouche. (Johanna)
Elle n’a pas besoin de musique ; seul son corps bouge. (Youmeha)
Elle ressemble à une acrobate forcée à faire des interprétations pour les autres. Le fil me fait penser à du sang qui coule le long de son corps. Elle fait des figures abstraites sur son cerceau. (Rila)
Questions à filer :
S’emballe-t-elle comme un paquet ? Fait-elle allusion à l’esclavage ? Ressemble-t-elle à une sirène ? Ne veut-elle pas nous dire que nous sommes tous des marionnettes ? Mime-t-elle l’accouchement ? Est-ce une angrogyne ? Une déesse de la nuit ? Est-elle plus jolie avec ce fil ?

JPEG - 40.5 koEn avril 2014, lors de la Semaine des Arts au collège René Cassin, Judith Olivia est venue animer un atelier de danse contemporaine. En la croisant dans la cour, nous lui demandons de nous improviser un mouvement. Curieusement, elle se saisit des filets des cages de hand ball. Sa souplesse transforme en quelques instants cet espace qui nous est si familier. Encore une histoire de fils ?

JPEG - 29.1 koDans la classe, durant notre rencontre, elle nous donne quelques pistes pour comprendre Le Fil ; ce serait le fil de l’oeuvre, le fil de l’inspiration - l’inspiration qui file et qui défile et se défile ?

Pour contacter l’auteur de cet article : charles-edouard.saint-guilhem@rcassin-fianarantsoa.com