Pièces métalliques, luminaires modernes.

6 structures métalliques (luminaires ?) sur la place Andohalo, Tana.
Tsangam-by enina eoamin’ny Tany malalaka Andohalo.

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Auteur non mentionné. Antananarivo, XXIème siècle.
Tsy voalaza ny mpanankanto nanao azy. Antananarivo, taon-jato faha XXI.
Eléments publics de mobilier urbain contemporain.
Anisan’ny zava-kanto ho an’ny rehetra, an-tanàn-dehibe manaraka ny vanin’andro akehitriny.

Poteaux alvéolés d’environ quatre mètres de haut, qui supportent un globe ajouré constitué de petites feuilles de métal attachées.
Tsangam-by voasikotra toy nymaso-tantely ny vatany, ary manana tsanganana eo amin’ny 4 metatra eo ho eo. Misy bola eo amin’ny tampony izay voasikotra miendrika ravina madinidinika mifampitohy.

Nous proposons ici de porter notre attention sur les 6 structures métalliques placées devant la stèle commémorative de l’Indépendance, place Andohalo. Il s’agit d’une pause « art urbain contemporain » sur un haut lieu du patrimoine historique malgache.
Ces structures ont servi provisoirement de luminaires, notamment lors de l’anniversaire des 50 ans de l’Indépendance (juin 2010). Ces six éléments de mobilier urbain métalliques contrastent avec les vestiges historiques de la place (LycéeAndohalo, 1909, ex lycée Condorcet, ex lycée Gallieni), Cathédrale Andohalo (1890), maisons anciennes de la rue du Rova vers le Palais de la Reine.
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Ressources pédagogiques

Premiers questionnements :
Ces pièces peuvent attiser la curiosité du passant : Que représentent-elles ? Quel rapport avec les fonctions historiques de la place ? Quelle mise en valeur de l’espace et du patrimoine urbain ? Quel continuum entre le passé et le présent ? Quelle rupture ? Pourquoi l’utilisation de ce matériau ?

Rappels historiques :
La place Andohalo est l’un des lieux historiques les plus importants de Tananarive. Elle abritait autrefois une pierre sacrée. Cette place, au creux d’un petit vallon, située entre la partie basse et la partie haute de la ville accueillait les grands rassemblements publics et un marché. Sur cette esplanade encore, le peuple assistait aux couronnements des souverains et écoutait les Kabary (discours éloquents) annonçant les événements ou les décisions majeures du royaume. Devenue square Jean Laborde durant la colonisation, la place devint un lieu de détente où se produisaient des musiciens. C’est encore sur cette place que le 14 octobre 1958 eut lieu la proclamation de la première République de Madagascar.

Langue malgache :
On pourra vérifier auprès des élèves leur connaissance des termes malgaches présents dans les inscriptions de ces lieux historiques et les entraîner à les utiliser.
Sur les panneaux explicatifs : « boeufsvolavita » ; « kianja » ; « hasina » ; « fandroana » ; « hambohipihaonana ny takalo ny tsena ny kabary » ; « Fantaro sy arovy ny vakoka Malagasy fa harena ».
Sur la stèle commémorative : « Ity andro vaovo izay nisokatra androany ity », "dia tsy maintsy hapetraka ho mariky ny firaisana sy ny fifankatiavan ny olona rehetra » ; et « Fahafana » ; « Tanindrazana » ; « Fandrosoana ».

Décrire / interpréter :
Les élèves commencent par décrire ces « pièces » en précisant ce qu’ils voient objectivement (dénotation) ; ils poursuivent en donnant leurs impressions (connotation) et en proposant des interprétations des formes (hyperboliques ?). Ils peuvent alors tisser des liens avec le lieu historique (kabary / royauté / lieu de pouvoir / lieu de prestige / lieu d’échanges etc.).

Réflexions sur l’art contemporain : à ciel ouvert…
On peut alors proposer aux élèves une réflexion plus large sur le rôle de l’art contemporain en milieu urbain.
A quoi ça sert ? Est-ce beau ? Est-ce que ça dénature l’espace hérité du passé ?

La fonction de l’art contemporain, des installations modernes, ou des sculptures mobilières dans un espace de patrimoine historique tel que celui-ci peut avoir plusieurs fonctions : réveiller les consciences, permettre de réinterroger des lieux familiers qu’on n’a plus l’habitude de contempler, choquer aussi, transgresser pourquoi pas, démystifier, rassurer, donner confiance, remettre l’humain à sa juste place, inciter à la création permanente, jouer des formes, ceci hors du filtrage muséal - un art pour tous, un art à ciel ouvert.

D’un peu plus près, l’usure du temps :
Comme toute œuvre d’art contemporain à ciel ouvert, elle est matière à étonnement, contestation, et aussi dégradation, faute d’entretien durable.

Ces sculptures métalliques par les bosses qu’on peut observer témoignent de l’usure du temps et du manque d’entretien. Dans le cadre du programme de rénovation de la place Andohalo, ces « pièces » seront peut-être un jour retirées de la placeAndohalo, à moins que, conservées dans le voisinage d’autres œuvres ajoutées, elles prennent une seconde vie et se métamorphosent à leur tour. L’art à ciel ouvert n’a pas un destin tout tracé.

Autres fonctions de l’œuvre d’art urbain :
Une œuvre d’art urbain modèle la ville, change le regard des passants, révèle des visions singulières. Chaque citadin est aussi amené à modifier l’œuvre, par l’attitude qu’il adopte.

Comparativement :
On mettra facilement à profit une réflexion sur la pyramide du Louvre pour réfléchir sur l’ancien et le moderne.
On pourra s’aider des Deux plateaux (1986) de Buren au Palais Royal à Paris pour réfléchir sur l’entretien des œuvres d’art contemporain en milieu urbain et approfondir une réflexion sur l’art contemporain et son rôle dans la manière de vivre une ville.
Les amateurs d’art contemporain, de mobilier urbain et de sculptures sphériques et métalliques voire cinétiques pourront à la suite encore proposer une réflexion à partir des Sphérades de Pol Bury (1985) situées dans le jardin du Palais Royal à Paris, ayant aussi nécessité restauration.

Ultime méditation : « La forme d’une ville / Change plus vite, hélas ! que le cœur d’un mortel » lit-on dans Le Cygne de Baudelaire. A méditer.

Paroles d’élèves devant les structures métalliques :
Classe de 3ème B, collège René Cassin, Fianarantsoa. Visite du site Andohalo, Tana, en février 2014.

« Cela me fait penser à un sceptre, un objet marquant la royauté, le pouvoir. Ils protègent le domaine royal, on voit que la boule scintille, elle est entourée d’un collier métallique avec des pics. Ce sont des objets dominants la place Andohalo. Les poteaux soutenant ces boules me font penser à des flambeaux illuminant la ville. En même temps, on peut penser aussi à une boule de discothèque et ses mille et une facettes » (Rosine).
« La boule peut représenter la planète terre » (Sharone).
« Le reflet du soleil sur la boule donne à la boule une ressemblance avec le soleil lui-même ; alignés devant la pierre d’Indépendance, cela peut référer à des gardes qui protègent la pierre » (Naïma).
« C’est le symbole de la sacrification » (Léonnelle) Note du professeur : joli terme mais « néologisme ".
« ça ressemble à une lampe qui veille sur le quotidien quand le soir vient » (Moïse).
« Elles me font penser à des ballons de foot. La boule me fait aussi penser à une glace sur un cornet ; elle donne envie de manger » (Fehizo).
« On dirait des boules de cristal. Peut-être est-ce des lampadaires qui s’allument le soir et permettent aux habitants de se promener » (Francette).
« On dirait des objets venus de galaxies lointaines. La sphère métallique qui trône au bout du cornet laisse penser que chaque sphère renferme quelque chose de mystérieux. Elles forment un rempart imaginaire qui sépare la ville haute de la basse » (Esteban).
« On dirait un micro de grande taille, pour faire des fêtes » (Fabrice).
« Cet assemblage fait penser à des micros géants » (Misa).
« ça me fait penser au sceptre que j’ai vu dans La Fée Clochette » (Sabriah).
« A mon avis, ça signifie quelque chose, vu qu’elles sont devant la stèle » (Taciana).
« Cet objet ressemble à une glace qui fond à cause du soleil » (Jean Baptiste).
« Ils semblent représenter les flammes qui ont poussé les Malgaches à avoir leur indépendance » (Michel).

Classe de 4ème B (d’après photos) :
« Ces objets me font penser à des lampadaires, à des marques pour savoir où se trouvent la stèle et la place »(Idrissa).
« Je vois une boule sur un pied métallique ; ça me fait penser à des lanternes ou des sceptres et aussi des cages de petits oiseaux » (Andry).
« ça me fait penser à un bâton que le roi tient dans sa main. La grosse boule par-dessus me fait penser à une pierre sacrée qui a des pouvoirs et qui commande des soldats. C’est un peu comme la main de la justice mais le bout du bâton est rond » (Prisca).
« Je pense que les élèves de Tana font des buts de foot avec ça »(Christian).
« Je les trouve mystérieux ; peut-être sont-ils des objets de protection ; et s’ils n’étaient pas plantés au sol, ils feraient penser à des massues » (Rila).

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Nous sommes preneurs pour toutes informations complémentaires concernant les « structures métalliques » de la place Andohalo.

Pour contacter l’auteur de cet article : charles-edouard.saint-guilhem@rcassin-fianarantsoa.com

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Sphérades, de Pol Bury, Paris, 1985.

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Deux plateaux, de Buren, Paris, 1986