Tombeau royal.

Vallée du Tsaranoro. Sud de Madagascar.
Tombeau de pierres taillées au-dessus de la "Forêt sacrée". Ethnie Bara ou Betsileo. Sépulture datée de plusieurs siècles.

Lohasahan’i Tsaranoro, atsimon’i Madagascar.
Fasam-bato voapaika eo ambonin’ny "Ala masina". Foko Bara na Betsileo.
Fasana izay efa tamin’ny taon-jato maro lasa.

Dans la vallée reculée du Tsaranoro, située à 3h au sud de Fianarantsoa, se rencontrent les ethnies Bara et Betsileo. Les tombeaux sont faits de pierres plates taillées qui forment de magnifiques cubes calés entre les roches surplombantes. On les trouve à flancs de montagnes, sous les gros rochers granitiques de la "Forêt sacrée", au pied du pic du Tsaranoro ou du pic du Karambony. Dans cette nature grandiose, les tombeaux sont là comme les marques discrètes mais fortes de la civilisation.

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Après une heure de marche au-dessus de la "Forêt sacrée", on accède à ce tombeau d’un roi de la vallée. Chaque jour, le passage du soleil vient éclairer une partie de ses pierres. Aucune inscription, pas de cornes de zébu, pas de porte. Seuls quelques initiés pourraient y pénétrer, après les offrandes rituelles (alcool et sang de zébu)
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Du haut du tombeau, toute la vallée s’offre au regard. La vue est majestueuse, l’emplacement idéal pour un tombeau royal.
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Du fond de la vallée un autre tombeau semble lui répondre.
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Si l’on a de bons yeux, on peut encore apercevoir au loin trois autres tombeaux sertis dans les anfractuosités de la roche.
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En chemin, il est fréquent de rencontrer des mausolées éboulés, sobres ossuaires protégés par la vallée.

Ressources pédagogiques

Enregistrement sonore réalisé lors de l’ascension au tombeau royal, au pied du pic de Karambony. Chants de cigales et bruits de pas des élèves lors de la montée silencieuse au tombeau royal. Ci-dessous, classe de 6ème B du collège René Cassin montant vers le tombeau royal.
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L’art funéraire de ces tombeaux reste encore peu connu. Nous avons choisi de placer cet article dans le domaine "Art de l’espace". En effet, ces tombeaux ont souvent étés construits en totale harmonie avec l’espace. Cet espace donne du prestige au défunt. Le tombeau ne dénature pas mais garde intacte la beauté des lieux. En s’ajoutant à la vallée, les tombeaux lui donne aussi tout son sens.

Paroles d’élèves après la montée au tombeau.
"Le tombeau du roi qu’on a vu est fait de pierres surperposées. Les pierres superposées sont des pierres plates et elles se ressemblent toutes. Tout autour des tombeaux se trouvent des rochers. De grands rochers et même des petits rochers. On voit même des arbres de formes étranges". (Anja).
"On dirait que la nature fait disparaître les humains puis les fait renaître". (Steeven).
"Les tombeaux cachent un grand mystère. On a envie d’y entrer. On voit que les ancêtres sont encore dans la vallée. Je ne sais pas comment ils ont collé les pierres. En les plaçant d’une certaine façon, elles tiennent". (Shazane).
"On voit des tombeaux de différentes tailles ; on a envie de connaître le mystère qui se cache à l’intérieur. Quand on voit les ossements, on sait que ça fait longtemps que le tombeau est là. Au fait, comment ont-ils fait pour faire le tombeau du roi si haut ?". (Inara)
"Pourquoi les rois veulent-ils qu’on les enterre dans des grottes ?" (Fy)
"Ce qui m’a surprise, c’est qu’on ne peut pas entrer dans le tombeau si on ne verse pas du vin". (Nirvannah)

Pour poursuivre une réflexion sur les tombeaux royaux, on pourra inviter les élèves à découvrir les gisants, par exemple ceux de la basilique Saint Denis. Ils réfléchiront sur la représentation sculpturale du défunt royal en Occident.

Classe de 6ème B. Collège René Cassin. Fianarantsoa.
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Cet article a été réalisé après un séjour passé dans la vallée du Tsaranoro avec la classe de 6ème B en mai 2014.
Pour contacter l’auteur de cet article : charles-edouard.saint-guilhem@rcassin-fianarantsoa.com.